lesyeux desalma

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Lorsque l'épervier s'en va.

Si vous posez la question aux différentes personnes que vous rencontrez en chemin c’est quoi « Eperviers » ? Vous aurez forcément une multitude de réponses. Pour les uns, il signifie Oiseau. Pour d’autres, c’est un appui efficace. Une suite de la colonisation pour certains. Pour un nombre de femmes il est synonyme de brassage culturel, bon clients, business. Mais pour beaucoup de tchadiens qui ont le sens des affaires, la présence d’un blanc sur son territoire est avant tout synonyme de business.  

 

 

 

Pour ce qui concerne le site web defense.gouv.fr, le dispositif a pour rôle d’assurer  deux missions permanentes :

- ils garantissent la protection des intérêts français, et tout particulièrement la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad,

- conformément à l'accord de coopération technique signé entrela Franceet le Tchad ils apportent un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation) aux Forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes, ainsi qu'un appui renseignement.

En outre, sur une base volontaire, ils apportent une aide médicale à la population.

 

 

En décembre 2010, le chef d’Etat tchadien avait soulevé le sujet mettant en cause la présence des éperviers au Tchad. Epervier est présent au Tchad depuis février 1986 et s’ils doivent continuer à y rester il va donc falloir en échange une contrepartie financière. Pour ceux qui entretiennent des affaires derrière ce mur de  grillage c’est une mauvaise nouvelle.

 

La coopération Franco-tchadienne politique, sociale ou militaire qu’elle soit ne date pas des années 86 ou 60. La composition des mots « Tchad » et « France » donne un résultat constitué des mots comme financement, coopération, appui, etc. Et si l’on se réfère à l’histoire, les français étaient présents lors des affrontements entre les Tchadiens et Rabah. Mais ce qui nous importe ici n’est pas le contour politique de cette décision. Il est question des conséquences socio-économiques. La première idée qui nous vient à la tête lorsqu’on voit des militaires français chez nous, il y a forcément quelque chose qui pu la colonisation. Mais derrière ce dispositif, il y a une communauté qui dépend. Comme des êtres vivants qui développent des conditions nécessaires à leur vie, dans les villes telles que  N’Djamena, Abéché ou Faya qui ont fait autant. Pour avoir la preuve, il faudrait descendre sur le terrain pour avoir des avis, vous vous rendrez vite compte que depuis l’avènement de l’épervier au Tchad beaucoup de choses se sont passés et surtout des activités qui se sont créées. Les « Django » eux surtout en savent beaucoup !

 

 

 

Alfred est un vendeur de produit de beauté et de sport non loin de la justice. Il  passe sa journée entière dans son lieu de travail et compte beaucoup de clients parmi lesquels, moi. Lorsque j’étais arrivée avec ma collègue, il prenait son déjeuner dans une boîte conserve.  Devant lui, il avait étalé des shampooings, des chaussures, des lunettes nautiques … Selon lui, la présence des forces françaises dans son pays lui a permis de s’offrir un job.

Cependant même si Alfred soutient cette présence comme tant d’autres tchadiens qui en ont exploité, il y a d’autres qui contestent, comme Haoua. Cette dernière a vite changé de mine quand je lui ai posé la question des avantages de la présence du dispositif Epervier au Tchad. Elle affirme : Mon  petit frère avait été opéré à la base militaire. Après cette intervention chirurgicale nous devrons nous rendre chaque mardi à 10 heures pour les soins. Un jour, notre taxi était venu avec un retards et nous avons dû arriver à midi moins. Dès notre arrivée le blanc à jeté un coup d’œil sur sa montre et il nous a pas laissé entrer. Je trouve cela trop méchant. On ne peut pas faire cela à un malade !

Aussi certains tchadiens se posent la question de savoir, comment ces quarante millions peuvent leur être bénéfique. Dans quel projet introduire cette somme. Car ce qui intéresse un citoyen ce n’est pas le rôle politique de cette affaire mais les avantages sociales. Quelles sont les avantages et les inconvénients socio-économiques des militaires dans notre pays. Nous pouvons tous être d’accord sur la question selon laquelle pourquoi n’existe-t-il pas une base militaire tchadienne en France et qu’on doit accepter le contraire.

Si l’on n’est pas d’accord avec cette présence et qu’on ne croit pas aux avantages à quoi bon s’y rendre puisqu’il y aussi des médecins tchadiens dans le HGRN et des blocs opératoires. A quoi cela sert d’entretenir des affaires lorsqu’on a derrière la tête que cet individu qui est devant nous met en doute notre souveraineté nationale ? En tant que artiste, j’estime qu’ils ne présentent que de bons côtés pour mes  affaires. Car ce qui m’importe le plus en tant que tchadienne c’est de trouver une réponse sociale aux enjeux de cette présence chez moi. A qui profite ce retrait et à qui profite cette présence.

 

 

A l’intérieur de la base rappelons-nous, il existe des employés tchadiens, des commerçants et des artistes qui possèdent leur stand. De groupes de femmes brodeuses formé par des projets de développement social qui s’active là. Il s’agit d’un véritable business. Lorsque l’on s’approche à proximité de cette base on observe sur les bords des routes (farcha et ailleurs) les activités qu’elle crée. Des vendeurs de journaux  genre militaire ou autres, des produits de beautés (shampooing, gilette de rasage, gel-douche, des conserves prêt à consommer, des sachets de chocolat en poudre, torche, chaussettes militaire et la liste est longue.  C’est une forme de société qui absorbe une partie de chômage qui étouffe encore la population jeune du Tchad. Nous ignorons combien de famille tchadiennes vivent au dépend de ce dispositif depuis février 1986.

Sila Franceaffirme vouloir revoir sa coopération militaire avec le Tchad. La présence de l’opération épervier ne se justifie plus au Tchad.

Il faut réfléchir « social » pour voir évaluer  les conséquences sociales. Partout dans les villes où des bases se sont déplacées ou des militaires furent retirés ont subit des conséquences. C’est pourquoi il est nécessaire d’entrevoir des solutions ou des créer des emplois à ces personnes. La plupart de ceux qui vivent des activités dérivés des forces françaises, sont les diplômés sans emplois ou de personnes qui n’on pas étudié tout simplement.

 

Sally



19/07/2011
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