lesyeux desalma

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Développement ? Pourquoi la mairie nous récence –t-elle alors ?

Un russe disait « donne lui une maison et un travail. Il
se débrouillera  pour le reste. Au Tchad
c’est plutôt arrache lui sa maison et donne- en aux riches et il se
débrouillera tout seul. Doit –on vraiment parlé du développement au
Tchad ? Nous avons presque tous vue des banderoles, des discours à la
radio et à la télévisons où le vocable développement revient de manière
répétitive.  Le Tchad doit revoir sa
politique en ce sens qu’il doit lutter pour le développement et non contre le
développement comme on le constate depuis et surtout à partir de 2008. Mais   le développement  n’est pas seulement la construction des
infrastructures. Le Tchad est grand de un million deux cent quatre vingt quatre
mille kilomètres carré. Si nous devrions évaluer le nombre des infrastructures
qui la couvre en forme de pourcentage, le résultat serait certainement minime.
Toutefois le développement c’est avant tout un chiffre, c’est de la
statistique. Combien pour cent de tchadiens savant lire et écrire. Combien pour
cent des tchadiens ont accès à une couverture sanitaire ? Combien pour
cent d’entre eux arrive à se nourrir convenablement et que représente la
proportion de ceux qui ont un abri descend. 
Un abri décent signifie vivre dans une 
maison qui te donne de la chaleur quand tu as froid et de la fraîcheur
quand tu as chaud. Un toit lorsqu’il pleut et un sol lorsque qu’il y a une
inondation.  Quand on parle de ces
indicateurs, surtout au Tchad, et  à
N’Djamena en particulier, le développement n’est  plus un chiffre, il devient  un constat.

Certains quartiers sont de véritables champs de maison en poto-poto.
Les rues sont de rivières de boues où les pneus mènent des luttes pour s’en
sortir. Mais pourquoi ? Est-ce que c’est parce que les tchadiens adorent
l’odeur de la terre cuite ? Ou s’agit-il d’une norme pour avoir des
maisons couleurs chocolat pour de raisons artistique ?

Comme le témoigne l’un de mes articles, j’avais rencontré
deux tchadiens.  L’un habitait à Farcha
et l’autre à Sabangali. Leur point commun, ils possédaient tous les deux une
famille, ils avaient chacun une maison, fruit de leur économie de longue date,
ils étaient ensuite tous chassés de leur maison par l’Etat. Ils n’ont reçu
aucune compensation financière. A la fin, la famille de Monsieur I a trouvé
refuge dans une orphelinat, et celle de sabangali a trouvé refuge dans une école.
Tous ces événements étaient passés en 2008. Par la suite, une station d’essence
a poussé sur la terre de Monsieur I tandis qu’un complexe hôtelier « the
sabangali resort » est né sur la terre des familles chassée du quartier.
Le chef de l’Etat est venu lui-même personnellement déposé a première pierre.

 

 

 Vous allez vous poser
la question, pourquoi les habitants aussi nombreux qu’ils soient n’avaient pas
entre-temps protesté. Souvenez-vous, c’était passé en février 2008. Le tchadien
qui se trouvait entre-temps à N’Djamena doivent forcément se souvenir de la
bataille. Ce fut un traumatisme pour tous les N’Djamenois hormis les pillards.
Peu de temps après tout résistant est taxé de rebelle. Aussi après tant de
traumatisme aucun père de famille ne veut une fois de plus être abaissé devant
les membres de sa famille. Il en est ici de quelques exemples mais de milliers
de familles tchadiennes en sont victimes. Des milliers des tchadiens se sont
retrouvés dans la rue et ont vu les bulldozers démolir leur seul richesse. On
ne peut pas parler de développement lorsque ton économie et ta maison sont
supprimées. On parle de la pauvreté. Et si tu ne te bat pas pour te relever le
plus rapidement on parlera de la misère. Ceux qui mangeaient normalement
doivent maintenant louer. Ce qui signifie consommé moins pour payer plus.
Certains pères de famille qui ont plus de quatre enfants se sont trouvés dans
une situation alarmante qui a conduit à la cessation de la fréquentation
scolaire de leurs enfants. Notons que les problèmes sociaux sont des variables
qui conduisent le plus souvent à des échecs scolaires. Moi personnellement
victime, et qui pendant ce temps suivait un cours de management au CEFOD et
étudiait la géographie à l’université, me suis trouvée obliger de renoncer à ma
formation  de management et d’économie
pour préparer mon examen terminale universitaire. Dans une situation normale
j’aurais pu bénéficier de trois connaissances. Maintenant je dois poursuivre
une seule.

Dans ce cas de figure l’on se demande si le développement en
tant que stabilité sociale représente une priorité pour l’Etat. Si oui, il
devrait, comme l’article 25, le dit, assurer un abri et une compensation et la
période nécessaire de déménagement pour les habitants à déplacer avant une
éventuelle opération. La réalité  a
démontré le contraire. Quelques fois vous en recevrez des coups.

 

 

Faut-il être optimiste lorsqu’une situation se dégrade et que
l’on ne voit aucune issu à l’horizon ? trois ans déjà depuis 2008. Chacune
des familles victimes a refait sa vie d’une manière d’une autre sans l’aide des
services sociaux étatiques. A part ceux qui ont trouvé refuge dans les
orphelinats et les écoles, il y a ceux qui ont construit des abris à base de
sacs et nattes en plastiques accompagnés de quelques pailles. D’autres ont
acheté des terres non  loin de chez eux
et se sont efforcés à reconstruire et reloger leur famille. C’est notre cas et
celui de quelques familles. Un an et quelques mois que nous avions regagné le
« chez-nous » après d’interminables mois de loyers.

Il y a de cela quelques semaines, je me suis rendue à la
boutique pour acheter une lame de rasoir.  C’était vers 
8h 30. Je vis alors deux Hilux stationnés à une cinquantaine de mètres. Des
agents de la mairie avec leur chemises manche courte bleu et pantalon noire y
étaient. Ils portaient un bonnet violet. A coté d’eux une délégation d’hommes
tchadiens dont certains en djelabba, l’un d’eux en costume et d’autre en jean.
J’avais demandé au boutiquier ce qui se passe. Et il m’a répondu : Ils
sont venus recensés les lieux parce que semble t-il,  « on »
veut construire une salle de jeu à la place de ce quartier.

 

Sally

 

 

 

Témoignages

 

Depuis le jour où les autorités nous ont mis dans la rue, je
me suis déclarée homme mort. Mon seule objective est de combattre cette mafia. Comment
pouvez vous comprendre que les mêmes personnes qui tiennent des discours
favorable au développement face aux bailleurs de fonds puissent détruire votre
maison pour construire un parking de voiture d’un particulier ? Pourtant
ce sont des hommes qui ont étudié dans des grandes écoles, qui ont des gros diplômes
et qui surtout connaissant très bien la réalité de la situation sociale
tchadienne mais ils s’en foutent royalement. Ce qu’ils ont choisit, s’est de donner
notre place à ceux qui n’étaient même à N’Djamena pendant que nous étions nés. Tous
çà à cause de l’argent !

 

Victime de Farcha

 

Nous formons une vraie famille dans le quartier que presque
tous tchadiens connaissent, démbé. Certains faisaient même partie des premiers
occupants des lieux. Mais nous avons accueillit aussi des nouveaux arrivants  parmi nous, dont un qui se prétendait homme d’affaire.
Ils prétendaient l’être et de toute façon il semble avoir beaucoup d’argent vu
la maison qu’ils avaient construit à proximité de nos mur. Nous le respectons
et le considérons comme une partie de nous.  Un jour les autorités se sont présentés et
nous ont fait part que tout l’arrondissement doit être démolit pour cause « d’utilité
publique ». Attendant les terrains qu’ils devraient nous octroyés et les
moyens de dédommagements,  nous nous
sommes trouvés brusquement un matin en présence de bulldozers. Au début nous
pensons que c’était pour la réfection de la  route mais très vite nous nous sommes retrouvées
dans la rue sans un franc dans la poche. Grande fut la surprise lorsque nous
nous sommes rendus compte que le propriétaire du grand chantier est le riche
voisin. Aujourd’hui, il y a une grande station d’essence  à la place de toute l’histoire des
ex-occupants.  Parmi nous, il y avait
Abba Kabalaye qui venait presque tous les soirs observer les ruines de sa
maison. Avec une désolation, il s’exclame toujours sur les mêmes propos. « Alors
je n’aurais plus ma terre ! ». Il s’éteint quelques mois après.
Monsieur O, qui travaille pour un projet d’une ONG mourut ensuite. Quant à
Monsieur A, grand supporteur de l’équipe RFC, il traverse aujourd’hui  des quartiers en monologuant, le doigt vers le
ciel.

Victime de démbé

 

 

L’appétit
de cette société immobilière a commencé en février 2008 quand elle a constaté
la facilité avec laquelle elle pouvait acquérir au Tchad un quartier tout
entier, chose qu’elle ne pouvait se permettre sous d’autres cieux. L’ancien
Maire s’était acharné sur notre quartier et s’était aussitôt mis à se
l’approprier par des procédés dignes de la Mafia. D’abord par des mensonges,
des menaces, ensuite par des intimidations. Ce jour, le 27 février 2008 nous
voyions les Bulldozers de la Mairie se déferler vers notre quartier Sara De
gaulle, sous haute protection de la gendarmerie et de la police. Sous nos yeux,
ces mastodontes en fer s’étaient mis à démolir, l’une après l’autre, nos
maisons. Nous regardions impuissants nos demeures s’effacer devant nous. Des
maisons que nous avons construites avec nos propres moyens, avec nos sueurs,
brique par brique représentaient notre seul espoir, notre seule économie, le
seul legs à nos enfants. En quelques minutes nous étions dépossédés de tout
cela, et ne sachant où aller, où s’abriter, surtout que dans sa stratégie de
terroriser autant que possible les populations de N’Djamena, le Maire avait
planifié les déguerpissements de telle sorte qu’ils se succèdent si bien qu’il
était impossible de trouver une maison à louer en cette période. Les
N’Djamenois se rappellent certainement le spectacle désolant des familles
entières sillonnant les rues de N’Djamena poussant leurs effets devant elles, à
la recherche des abris. Nous étions devenus des refugiés dans notre propre
pays!

 

Pouvez-vous
comprendre que votre maison personnelle que vous avez bâtie avec de la peine,
avec des moyens légaux, soit détruite ? Tout cela s’était fait sans aucune
contrepartie et dans le mépris total, car l’ancien Maire nous avait traités de
« massakine » c’est-à-dire de « pauvres gens » Il a proféré
cette insulte devant tous les habitants du quartier qui s’étaient réunis pour
l’accueillir et discuter avec lui pensant qu’il allait nous écouter. Il avait
d’ailleurs ajouté avec arrogance que s’il le voulait, il allait attribuer à
chacun de nous un lot, autrement dit, il ne se sentait pas obligé. Aussi naïfs
que nous étions, nos avions pensé être dans un Etat de droit, or lui pensait au
magot que ce quartier allait lui rapporter. Une puissante Société immobilière
lui avait fait des offres alléchantes. On connait la suite de l’histoire,
c’est-à-dire comment le Maire a fini.

Toute personne qui tentait de sauver sa maison ou à la
rigueur de chercher une compensation était traitée de rebelle alors que l’Etat
savait pertinemment qui étaient les rebelles et d’où ils venaient. Pendant que
nous étions en réunion pour nous concerter afin d’étudier les voies et moyens
pour faire face à cette situation, le Maire nous envoie un émissaire par le
truchement du délégué du 6ème Arrondissement pour nous dire d’enlever nos toits
car les Bulldozers passeront le lendemain casser les maisons. Imaginez l’effet
de cette annonce. Vu la pression, nous n’avions pas d’autre choix que de négocier
avec le Maire une prorogation. Il accepta de nous accorder deux semaines. Mais grande
fut notre surprise de voir le lendemain matin à 9heures des Bulldozers faire
leur apparition.

 

Notre déguerpissement était illégal. Inutile d’entrer dans
les détails pour prouver quoi que ce soit. La seule preuve irréfutable, c’est
que la Mairie a autorisé l’un d’entre nous, un déguerpi comme nous, de récupérer
son terrain. Il l’a effectivement récupéré et il a même construit. Bien sûr,
celui-là a les poches lourdes et la main longue. Quant à nous autres, nous nous
retrouvons devant une injustice flagrante de la Mairie qui fait ainsi deux
poids deux mesures : prendre aux pauvres pour donner aux riches. Mais en
agissant de la sorte, elle a réglé elle-même le problème. Elle n’a pas d’autre
choix que de nous compenser. C’est tout ce que nous cherchons, car nous sommes
de pauvres citoyens et nous n’avons pas droit au soleil de notre propre pays.
Nous continuerons à nous battre par tous les moyens (légaux) pour entrer dans
nos droits.

 

 

Victime
de Sabangali

 

Le samedi 17 décembre 2011, se sont reunis au CEFOD, les différentes comités de crises et le bureau du Droit de l'homme sans frontière en présence de l'Ambassade d'Allemagne au Tchad, un représentant de la mairie de N'Djamena et quelques journalistes  pour une rencontre public. Cette rencontre a permis au différentes victimes d'évictions forcée de se rencontrer de témoigner et d'échanger. Le plus important c'est qu'elle a permi à de faire connaître dans un champs plus que national, le cauchemards que vivent les victimes. Les témoignages étaient l'une après l'autre plus saisissantes. Voici les images de la rencontre.

Aussi, il est demandé à tous ceux qui sont victimes de déguerpissement non dédommager n'ayant pas encore de comité de crise, de former un comité puis s'enregistrer au Bureau de droit de l'homme sans frontière à proximité du Lycée Jimmy Carter pour joindre la coordination.

 

http://fr.netlog.com/go/explore/videos/videoid=fr-6278117

 

Videos des temoignages 2

Video 3 des témoignages

victimes ayant pris part à la rencontre

 

Membres du Bureau

 

 

 

Intervenants

 

 



15/12/2011
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